Format :
Webinaire (replay)
Intervenante :
Sonia Vignon-Riocreux
Durée :
1 heure
Note :
4,7/5
Thème :
Communication interne
TL;DR : Ce que vous allez apprendre
  • Pourquoi le cerveau filtre près de 90% de ce que vous communiquez, et pourquoi c’est de la biologie, pas de la mauvaise volonté.
  • Les 3 réflexes d’évitement qui font décrocher vos audiences : la fatigue attentionnelle, la réactance et l’habituation.
  • Les 4 leviers pour rouvrir la porte : la clarté, la sobriété, l’utilité réelle et le droit au choix.
  • Pourquoi on peut parler de la même façon à un collaborateur de 17 ans et à un autre de 70 ans.
  • Ce qu’est la neurodisponibilité, et pourquoi elle sera l’une des compétences les plus recherchées des prochaines années.

Votre cerveau a 300 000 ans, et il filtre pour vous protéger

Notre cerveau n’a pas évolué depuis l’homo sapiens. Il a été conçu pour une seule mission : notre survie. Or il reçoit aujourd’hui près de 50 000 stimuli par jour, un volume totalement inadapté à ce qu’un cerveau peut traiter. Sa réponse est logique : il filtre. Résultat, environ 90% de ce que vous communiquez reste à la porte, avant même d’avoir été lu.

Ce filtrage est inconscient. On peut supprimer un mail sans même se rendre compte qu’on l’a supprimé, de parfaite bonne foi. Pour le cerveau, ce message n’a tout simplement jamais existé.

Ce phénomène s’aggrave avec le temps. Depuis les années 1960, la communication a changé de registre tous les vingt ans environ : la publicité pour convaincre, la punchline, le storytelling, puis les influenceurs et leur promesse d’authenticité. À chaque fois, le cerveau finit par comprendre le procédé, puis le rejette. Nous sommes en 2026, et la plupart de ces recettes ne fonctionnent plus.

Les 3 réflexes qui ferment le cerveau

Pour se protéger, le cerveau a développé trois stratégies d’évitement. Les reconnaître, c’est déjà commencer à les désamorcer.

La fatigue attentionnelle : le réflexe du 275e mail de la journée. Si le cerveau n’a pas le sentiment qu’un message lui est précisément destiné et qu’il mérite son attention, il l’écarte. Soit il le supprime, soit il le repousse à plus tard, c’est à dire jamais.

La réactance : le rejet franc et immédiat, déclenché par un sentiment de contrainte ou de faux. Un outil qu’on « doit » adopter, un message trop lissé, un vocabulaire d’entreprise qui sonne creux. Le cerveau se braque avant même d’avoir écouté.

L’habituation : la réunion du lundi matin, toujours la même, où l’on est là sans être là. On peut suivre une présentation entière et n’en retenir presque rien. Ou pire, ne retenir que le détail qui n’avait aucune importance.

Regarder le replay

4 leviers pour rouvrir la porte

La bonne nouvelle, c’est qu’à chaque réflexe d’évitement correspond une porte d’entrée. Sonia en détaille quatre.

  1. La clarté. Éliminez les zones de flou. Une « transformation permanente » ne veut rien dire et décourage l’engagement : si tout est remis en cause chaque matin, pourquoi s’impliquer ? Un point de départ, une échéance datée et des indicateurs de réussite, et vous récupérez l’attention.
  2. La sobriété. Dire peu, et juste. À l’heure où une IA produit 200 textes en cinq secondes, personne n’a envie de les lire. Sonia raconte comment une phrase de trois mots, « c’est moche », a mieux vendu un gâteau régional que cinquante ans de discours sur l’artisanat local.
  3. L’utilité réelle. Nous sommes des égoïstes, et c’est normal : le cerveau ne traite que ce qui le concerne. Pendant les Jeux Olympiques, parler de « fierté collective » à des Franciliens inquiets de leur quotidien ne fonctionnait pas. Leur proposer des solutions concrètes, maintenant, a tout changé. Parlez à la personne, pas au monde.
  4. Le droit au choix. La tendance à tout dire, à tout détailler, infantilise et noie l’information. Donnez plutôt de quoi susciter la bonne première question, et laissez chacun aller chercher le reste. En responsabilisant la décision, vous créez de l’engagement, au lieu de l’imposer.

« Pour survivre, le cerveau filtre. 90% de ce que vous produisez reste à la porte. »

Sonia Vignon-Riocreux
Neurolinguiste, autrice de « Tout le monde a un cerveau »

Et l’intranet dans tout ça ?

Ces mécanismes expliquent pourquoi tant d’intranets restent des espaces de stockage que personne ne consulte. Capter l’attention des collaborateurs ne dépend pas que des mots : cela commence par un environnement de travail qu’on a envie d’ouvrir, où l’information utile trouve la bonne personne au bon moment, sans la noyer. C’est précisément ce que permet une Digital Workplace pensée pour l’usage réel.

Les chiffres à retenir

90%
des messages restent à la porte du cerveau
50 000
stimuli reçus chaque jour
51 min
d’attention maximale, dans les meilleures conditions
3 + 4
réflexes d’évitement, et autant de leviers pour les contourner

La neurodisponibilité, compétence des cinq prochaines années

Un dernier enseignement, qui a nourri de belles questions en fin de session : peut-on parler de la même façon à un collaborateur de 17 ans et à un autre de 70 ans ? La réponse de Sonia est oui, parce que ce ne sont pas les générations qui décident, mais les biais cognitifs, et ils sont universels. Trouvez la bonne porte d’entrée, et le message passe, quel que soit l’âge.

Savoir à quel moment l’autre est prêt à entendre un message, ce que Sonia nomme la neurodisponibilité, sera l’une des compétences les plus recherchées des années à venir. La session complète vous donne les clés pour commencer dès maintenant.

Envie de la session complète ?

Une heure pour comprendre comment le cerveau trie, filtre et décroche, et repartir avec des leviers applicables dès lundi.

Regarder le replay

Carla Lorenzati

Carla Lorenzati